La communauté éthiopienne a célébré le 7 novembre dernier, comme la tradition le veut, le « Sigh » ou « Sigd ». Le retour sur la terre promise est l’évènement clé de cette fête, accompagnée de chants, de prières, ainsi que de mets délicieux. Du fait qu’elles rassemblent et apportent une joyeuse atmosphère, les fêtes sont connues pour être un excellent ciment de la société israélienne.

L’Alyah des éthiopiens, comme pour de nombreuses communautés auparavant, fut une étape difficile d’insertion et de réadaptation. Pour les éthiopiens, le problème de leur intégration persiste, il réside surtout dans le fait que leur passé et leur culture sont restés étrangers ou incompris par la majorité. Différente de par ses us et coutumes, cette communauté souffre mais tente malgré tout d’avancer.

Israël, un pays qui est génétiquement constitué de vagues de migrations successives, se voit confronté, une fois encore, a un challenge, celui de l’union du tissu de la société. Tandis que d’autres peuples ont su se fondre aisément dans la société, il semble que la communauté éthiopienne soit encore en marge.

Cet article n’est pas une démonstration politique, il a pour objectif de mettre en lumière ce que l’Etat d’Israël a fait et n’a pas fait pour contribuer à l’intégration de la communauté éthiopienne.

En premier lieu, les statistiques sont sans appel, la communauté éthiopienne est bel et bien mise à l’écart: le revenu moyen d’un ménage éthiopien est 35% plus bas que celui d’un ménage israélien. Seulement 5% de la communauté éthiopienne détient des hauts postes de société pour 33% des Israéliens. La réalité montre que 17 % des juifs éthiopiens, femmes et hommes confondus, travaillent dans les cuisines et dans les services de nettoyage. Ils comptent pour désormais 1% de la population, soit 120 000, et la communauté éthiopienne en Israël est l’une des plus pauvres et celle qui subit la plus grande ségrégation parmi la société israélienne. La plupart vivent dans les villes telles que Netanya, Ashdod, Beersheba, Rehovot, ou dans les villes en périphérie, et ne participent pas à l’activité économique du pays. Au niveau scolaire on a également analysé des faits associés à la ségrégation, dans les dortoirs de Mikveh Israël, où les filles éthiopiennes ont un étage pour elles et ne restent qu’entre elles. Alors que l’école est un moteur d’intégration et un modèle de société, déjà on voit l’apparition d’une claire distinction et l’isolation de la communauté. Pourtant, la cause majeure de cet isolement provient des différences de niveau d’éducation entre les Israéliens et les éthiopiens. Alors, leur laisse-t-on une assez grande place ? Ont-ils vraiment les mêmes chances ?

Cependant, les israéliens clament pour la plupart que l’armée unit les liens entre les jeunes éthiopiens et les autres israéliens. Présente en Israël depuis 30 ans, la perception de la communauté éthiopienne s’est nettement améliorée, et compte de belles réussites, telle que celle du groupe de chanteurs « Café Shahor Hazak » (Café noir fort). Constitué de deux israéliens-éthiopiens, le duo enchaîne les tubes depuis la sortie de « Akol Iyé Besseder » en 2015. Issus d’un milieu modeste, les familles d’Uri Alamo and Ilak Sahalu ont fait leur Alyah en 1995 et ont grandi à Netanya. C’est à l’âge de 16 ans qu’ils découvrent leur passion pour le chant et qu’ils écriront leur première chanson pendant l’armée pour commémorer un soldat tombé. La musique a un impact puissant, ils sont contactés par un studio qui commence à les produire. Puis tout va très vite. Chris Brown les invite à faire la première partie de son concert à Rishon Letsion, l’ambassadeur des Etats-Unis les invite à réaliser une performance pour le 4 juillet, et le duo est nominé aux MTV Awards Europe pour la meilleure chanson israélienne.

Tout comme Yityish Aynaw, ou Café Shahor Hazak, de nombreux Ethiopiens se surpassent chaque jour et deviennent des figures emblématiques d’Israël.

La société israélienne est constituée d’une multitude de nationalités, des gens de tout bord, et cette atmosphère multiculturelle fait la force de ce pays. Nous ne pourrons espérer des améliorations que s’il existe une compréhension simultanée et réciproque. Si chacun s’efforce à faire un pas vers l’autre nous pourrons nous unir et créer une seule et même identité, israélienne, rayonnante par sa diversité.

Un mot pour la fin ? Israël est UN.

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